Technique vidéo · publié en septembre 2026
Sous-titres vidéo 2026 : incrustés ou fichier SRT ?
Les deux, mais pas sur les mêmes plateformes. Sur TikTok, les Reels et les Shorts, incrustez le texte dans l'image : les sous-titres automatiques peuvent être masqués par celui qui regarde. Sur YouTube et LinkedIn, joignez un fichier SRT : il se corrige sans toucher à la vidéo. Voici la méthode complète, en 20 minutes et sans rien acheter.
L'essentiel
- Incrusté : le texte est gravé dans les pixels. Toujours visible, jamais corrigeable sans réexporter la vidéo.
- Fichier SRT : un simple fichier texte horodaté, à côté de la vidéo. Corrigeable en trente secondes, mais affiché seulement si la plateforme le veut bien.
- LinkedIn n'accepte que le format SRT, et seulement depuis un ordinateur. TikTok laisse le spectateur désactiver les sous-titres automatiques.
- Le seul barème français publié tient en quatre chiffres : 12, 20, 36 et 60 caractères pour une, deux, trois et quatre secondes.
- Les « 85 % de vidéos regardées sans le son » ne reposent sur aucune source vérifiable. Ce guide ne les utilise pas, et explique pourquoi.
Pourquoi la question revient maintenant
Parce que la règle a bougé le mois dernier. Le décret n° 2026-816 du 24 août 2026, publié au Journal officiel le 26 août et entré en vigueur le lendemain, resserre les obligations d'accessibilité des services en ligne et met en place un suivi annuel de conformité.
Précision d'honnêteté, parce que beaucoup de pages publiées ces dernières semaines l'omettent : ce décret ne vous concerne probablement pas. Il vise les organismes publics et les entreprises dont le chiffre d'affaires atteint 250 millions d'euros. À côté, depuis le 28 juin 2025, le décret n° 2023-931 impose l'accessibilité à certains services privés : commerce électronique, banque, transport, communications électroniques, accès aux médias audiovisuels. Les entreprises de moins de 10 salariés dont le chiffre d'affaires ou le total de bilan ne dépasse pas 2 millions d'euros en sont exemptées. Pour mémoire, l'ordonnance du 6 septembre 2023 prévoit des sanctions pouvant atteindre 50 000 € pour les organismes qui, eux, sont soumis à l'obligation.
Autrement dit : si vous dirigez une TPE ou une PME qui publie des vidéos sur ses réseaux sociaux, la loi ne vous oblige à rien. Sous-titrer devient donc une décision de portée et de lisibilité, pas une corvée de conformité. Et c'est une bonne nouvelle, parce qu'une décision se prend une fois, bien, et se réapplique ensuite à chaque vidéo.
Incrusté ou fichier : la différence en une phrase
Un sous-titre incrusté (on dit aussi « gravé » ou « ouvert ») fait partie de l'image : ce sont des pixels, exactement comme votre logo. Un fichier de sous-titres est un document texte séparé, le plus souvent au format SRT, qui contient les phrases et l'heure à laquelle chacune doit apparaître. La plateforme l'affiche par-dessus la vidéo, et le spectateur peut généralement l'activer ou le couper.

| Incrusté dans l'image | Fichier SRT séparé | |
|---|---|---|
| Visible par tous | Oui, sans exception | Seulement si la plateforme l'affiche |
| Correction d'une faute | Réexport complet de la vidéo | Trente secondes dans un éditeur de texte |
| Traduction | Une vidéo par langue | Un fichier par langue, une seule vidéo |
| Maîtrise de la police et de la position | Totale | Aucune, la plateforme décide |
| Risque principal | Texte caché par l'interface de l'application | Sous-titres jamais affichés, donc jamais lus |
Ce que chaque plateforme accepte vraiment
Les valeurs ci-dessous viennent des centres d'aide des plateformes elles-mêmes, pas de pages qui les recopient.
| Plateforme | Fichier de sous-titres | Sous-titres automatiques | Ce que nous faisons |
|---|---|---|---|
| YouTube | Oui. Formats acceptés : .srt, .sbv, .vtt, .ttml et d'autres, en version de base et en texte UTF-8 | Oui, et corrigeables dans YouTube Studio | Fichier SRT |
| SRT uniquement, ajouté depuis un ordinateur | Non documenté par LinkedIn | Fichier SRT, obligatoirement | |
| TikTok | Pas de téléversement de fichier documenté | Oui depuis le 6 avril 2021, modifiables par le créateur, mais masquables par le spectateur | Incrustation |
| Instagram et Facebook | Le centre d'aide de Meta refuse la lecture automatique : nous n'avons pas pu vérifier ses règles nous-mêmes, nous ne les citons donc pas | Incrustation, par prudence | |


La règle pratique qui en sort tient en une ligne : format court et vertical, on incruste ; plateforme qui accepte un fichier, on joint le fichier. Et quand on peut faire les deux, on fait les deux : le fichier sert à la recherche et aux traductions, l'incrustation garantit la lecture.
Le barème de lisibilité que personne ne cite
Il existe un document français, public et gratuit, qui dit exactement combien de texte tient à l'écran : la charte relative à la qualité du sous-titrage, signée le 12 décembre 2011 sous l'égide du Conseil supérieur de l'audiovisuel, devenu l'Arcom, par les chaînes, les laboratoires de sous-titrage et les associations de personnes sourdes ou malentendantes. Elle fixe 16 critères. Quatre servent directement à une vidéo d'entreprise.

| Critère | Ce que dit la charte | Ce que vous en faites |
|---|---|---|
| Temps de lecture (n° 6) | 12 caractères pour une seconde, 20 pour deux secondes, 36 pour trois, 60 pour quatre, tolérance de 20 % | Visez 12 à 15 caractères par seconde. Au-delà, on ne lit plus, on devine |
| Respect de l'image (n° 3) | Sous-titre limité à deux lignes en différé, qui ne doit pas cacher les informations textuelles incrustées ni les éléments importants de l'image | Deux lignes maximum, jamais par-dessus un chiffre, un nom de produit ou un visage |
| Parfaite lisibilité (n° 5) | Bandeau noir translucide recommandé, et si possible des lettres avec un contour noir | Un fond sombre semi-transparent derrière le texte, ou un contour. Jamais du blanc sur du clair |
| Découpage (n° 13) | Une phrase répartie sur plusieurs sous-titres doit être coupée en unités de sens | On coupe après une virgule ou un groupe de mots, jamais entre un nom et son adjectif |
Cette charte a été écrite pour la télévision, pas pour les réseaux sociaux, et elle ne vous oblige à rien. Mais c'est le seul barème chiffré publié en français, et il a été négocié par des gens dont c'est le métier. Le calcul se fait de tête : à 12 à 15 caractères par seconde, une vidéo de 45 secondes de parole continue plafonne entre 540 et 675 caractères de sous-titres. Si votre script en fait le double, le problème n'est pas le sous-titrage, c'est le script.

La méthode en 20 minutes, gratuite
Elle ne demande aucun logiciel payant, aucun compte à créer, aucun formulaire. Vous la faites vous-même, aujourd'hui, sur une vidéo que vous avez déjà.
- Obtenir le texte, 5 minutes. Mettez la vidéo en ligne sur votre chaîne YouTube en visibilité « non répertoriée » : personne ne la voit, et YouTube génère les sous-titres automatiquement. Vous les corrigez dans YouTube Studio, ce qui crée une nouvelle piste contenant vos corrections, puis vous récupérez le fichier.
- Relire avec le barème, 10 minutes. Trois passes : deux lignes maximum par sous-titre, 12 à 15 caractères par seconde, coupures aux unités de sens. Corrigez d'abord les noms propres, les marques et les chiffres : c'est là que la reconnaissance vocale se trompe, et ce sont exactement les mots que vous voulez faire passer.
- Garder le fichier, 1 minute. Un seul fichier SRT par vidéo, rangé à côté du fichier vidéo. C'est lui qui sert de source à tout le reste, y compris aux traductions, des mois plus tard.
- Décliner, 2 minutes. Fichier joint sur YouTube et LinkedIn. Incrustation pour TikTok, les Reels, les Shorts et la vidéo de votre site. Pour l'incrustation, remontez le texte au-dessus du tiers bas de l'image : c'est la zone où les applications posent le nom du compte, la légende et les boutons.
- Le test à 2 minutes. Regardez le résultat sur un téléphone, le son coupé, à bout de bras. Si vous devez rapprocher l'écran ou mettre la vidéo en pause pour lire, c'est trop long ou trop petit. C'est le seul contrôle qui reproduit les conditions réelles de lecture, et il ne coûte rien.

Une fois la première vidéo faite, les suivantes prennent dix minutes : vous réutilisez les mêmes réglages de police, de taille et de position.

Le chiffre à 85 % que nous n'utilisons pas
Vous l'avez lu partout : « 85 % des vidéos sont regardées sans le son ». Nous l'avons cherché. Il vient d'un article de Digiday de mai 2016, qui écrit exactement ceci : jusqu'à 85 % des vues de vidéos se font sans le son, « selon plusieurs éditeurs ». Pas d'étude, pas de panel, pas de méthode, pas de période. Et le seul acteur capable de mesurer cela, la plateforme elle-même, ne l'a jamais publié ni confirmé.
Dix ans plus tard, ce chiffre est toujours recopié dans les pages françaises, parfois à 80 %, parfois à 85 %, souvent attribué à une étude qui n'existe pas. Nous ne le citons pas, et nous vous recommandons de vous méfier de toute page qui le fait. Ce qui reste vrai, et qui n'a pas besoin de chiffre : une partie de votre audience vous regarde sans le son, dans un train ou en salle d'attente, et une vidéo qui ne fonctionne qu'avec le son perd ces gens-là. La seule mesure qui vaut pour vous est dans les statistiques de votre propre compte, pas dans un pourcentage recopié.
Ce que cela change chez nous
Pour que ce soit vérifiable et non déclaratif : chez ERE AGENCY, une vidéo est un format réseaux sociaux jusqu'à 45 secondes, livrée en vertical et en carré dans toutes les formules, en 2 à 4 jours ouvrés, avec révisions illimitées. La grille est publiée : 690 € HT par mois pour 3 vidéos, 1 790 € pour 9, soit 199 € la vidéo, et un accompagnement de A à Z sur devis. Le détail est sur la page des formules et dans le guide combien coûte une vidéo motion design. Les autres guides sont rassemblés sur la page ressources.
Le rapport avec le sujet est direct : le plafond de 45 secondes et le barème de lecture ci-dessus se rencontrent. Un script qui tient dans 45 secondes tient aussi dans des sous-titres lisibles. Un script trop dense ne tient ni dans l'un ni dans les autres, et aucun réglage d'incrustation ne le sauvera.
Les chiffres que nous n'avons pas publiés
Trois données auraient pu figurer ici et n'y figurent pas. Les 85 % de vidéos vues sans le son, pour la raison expliquée plus haut. Les zones sûres de Meta en pixels pour les Reels et les Stories, très recopiées en ce moment : le centre d'aide de Meta refuse la lecture automatique, nous n'avons donc pas pu les vérifier à la source et nous ne reprenons pas les valeurs qui circulent. Enfin le gain de trafic attribué aux sous-titres, souvent annoncé autour de 16 % : il vient d'un vendeur d'outils de sous-titrage, aucune plateforme ne le confirme, et aucune ne publie que les sous-titres font monter une vidéo dans ses résultats.
Questions fréquentes
Mon entreprise est-elle obligée de sous-titrer ses vidéos ?
Le plus souvent, non. Le décret n° 2026-816 du 24 août 2026 vise les organismes publics et les entreprises dont le chiffre d'affaires atteint 250 millions d'euros. Depuis le 28 juin 2025, le décret n° 2023-931 impose l'accessibilité à certains services privés (commerce électronique, banque, transport, communications électroniques, accès aux médias audiovisuels), avec une exemption pour les entreprises de moins de 10 salariés dont le chiffre d'affaires ou le total de bilan ne dépasse pas 2 millions d'euros. Une TPE qui publie des vidéos sur ses réseaux sociaux n'est donc généralement pas concernée par l'obligation.
Sous-titres incrustés ou fichier SRT : lequel choisir ?
Les deux, selon la plateforme. Sur TikTok, les Reels et les Shorts, incrustez le texte dans l'image : les sous-titres automatiques de TikTok peuvent être masqués par le spectateur, l'incrustation est donc la seule garantie qu'ils soient vus. Sur YouTube et LinkedIn, joignez un fichier SRT : il se corrige sans réexporter la vidéo, et LinkedIn n'accepte que ce format, depuis un ordinateur.
Combien de caractères peut contenir un sous-titre ?
La charte de qualité du sous-titrage signée le 12 décembre 2011 sous l'égide du Conseil supérieur de l'audiovisuel, devenu l'Arcom, donne le seul barème français publié : 12 caractères pour une seconde d'affichage, 20 caractères pour deux secondes, 36 pour trois secondes, 60 pour quatre secondes, avec une tolérance de 20 %. Soit environ 12 à 15 caractères par seconde. La même charte limite le sous-titre à deux lignes pour un programme en différé.
Les sous-titres automatiques suffisent-ils ?
Comme point de départ, oui. Comme résultat final, non : ils se trompent sur les noms propres, les marques et les chiffres, et ce sont justement les mots que vous voulez faire passer. YouTube permet de corriger ses sous-titres automatiques dans YouTube Studio, ce qui crée une nouvelle piste contenant vos corrections. TikTok permet au créateur de modifier le texte généré. Comptez dix minutes de relecture pour une vidéo de 45 secondes.
Écrit par Elias Rollier, fondateur d'ERE AGENCY. Plus de 100 vidéos motion design livrées à plus de 50 entreprises, dont le PARIS FC, club de Ligue 1. Les règles de sous-titrage citées ici viennent de la charte du 12 décembre 2011 publiée par l'Arcom et des centres d'aide de YouTube, LinkedIn et TikTok. Les textes réglementaires cités sont ceux publiés au Journal officiel ; ce guide ne remplace pas l'avis d'un avocat sur une situation précise.
